Je ne sais pas si c’est  le vent glacial qui accompagne le furtif rayon de soleil printanier qui me donne envie de plat d’hiver, toujours est-il que j’ai ressenti le besoin de me retrouver à la table familiale et savourer une épaule boulangère comme mon père savait si bien la faire.

Sa bible culinaire : le Curnonsky. Je crois que tous mes frères et sœurs doivent avoir leur exemplaire tant cette encyclopédie, qui doit bien peser trois kilos, est LA référence de la cuisine dominicale et festive de nos parents. Si on fait abstraction du fait que la moindre recette comprend au moins 500 gr de beurre, 1 kg de truffe et 2 l de crème…on y retrouve tous les grands standards de la cuisine bourgeoise française. De là vient mon inspiration, mais point trop les proportions !

Une épaule boulangère c’est simple. C’est une épaule d’agneau cuite au four sur un lit de pommes de terre et d’oignons.

epaule

Plus précisément j’ai pris, pour 4 personnes : une épaule désossée et dégraissée de 1.3 kg, préalablement saisie à la poêle sur la face extérieure. Puis j’ai replié l’épaule en deux non sans avoir mis au milieu sel, poivre, 3 gousses d’ail, thym, laurier, estragon.

Puis couper en fines lamelles (comme vous le feriez pour un gratin dauphinois) 1.3 kg de pommes de terre, 3 gros oignons.

Dans un grand plat allant au four répartir au fond le gras l’agneau que vous avez récupéré en le dégraissant. Faire des couches, pommes de terre, sel, poivre, thym, fines tranches de beurre (au total j’ai du en répartir env. 150 gr), oignons et recommencer jusqu’à épuisement de la matière. Puis poser l’épaule dessus.
Le tout au four à 180° pendant 2h30. Comme les pommes de terre du dessus ont tendance à sécher, je les retourne régulièrement et délicatement.

Pratique ce plat unique qui cuit tout seul !! Cette cuisson longue et lente donnera une viande fondante et moelleuse (effet garanti si elle vient de chez Christine Spiesser… cf mes bonnes adresses à Strasbourg) et des pommes de terre qui ne demanderont qu’à s’évanouir dans votre palais !

Pour le dessert, il fallait quelque chose de léger pour succéder au plat riche, tout de même, surtout quand on s’est resservi trois fois !! Tuiles à l’orange de Mercotte (voir directement sur son blog), avec des quartiers de pamplemousse rose et glace turbinée minute à la réglisse.

tuiles_orange_glace_r_glisse

Un repas dominical presque comme autrefois …pourquoi « presque comme autre fois » ?

Parce que chez nous, il y aurait eu une entrée (soit des bouchées à la reine soit une terrine de brochet mayonnaise) et en dessert, à tous les coups pour nous faire plaisir,  le saint Honoré de la pâtisserie Henry à Langres.  Aujourd’hui, je crois que je serais incapable de remanger autant, quoique !!